Tous les jours, à 21 heures, j’ai pris l’habitude de célébrer toutes les personnes actives pendant cette période de confinement liée au covid-19 accompagné des cloches de l’église ou des églises de Troinex. Tantôt j’applaudissais et criais, tantôt je jouais du tambour. Les cloches m’accompagnaient et me guidaient, m’indiquant le début et la fin de cette rencontre par ouïes interposées avec tous les voisins du quartier et au-delà du quartier, du village, de la ville, et même du canton. 

Puis un jour, elles n’ont pas sonnés. Je me suis demandée pourquoi et tout à coup je me suis rappelée que leur silence nous guidait vers la Passion. 
 
Je me suis sentie très émue, en lien avec Jésus, dans ce silence traduisant toute la tristesse, la solitude, le repli et l’angoisse de ce jeudi saint. Et Jésus qui m’invitait à « Bleibet hier und wachet mit mir, wachet und betet, wachet und betet… » (selon le chant de Taizé). 

Quand elles sont revenues, quelle joie ! 
Et depuis, à 21h, elles transportent le message de Pâques. C’est tous les jours, jour de gloire, de résurrection et de vie éternelle dans l’amour du Christ renouvelé. 
 

J’aimerais bien qu’elles continuent à sonner toute l’année à cette heure-ci pour nous rappeler que « Christ est  ressuscité, Christ est ressuscité, Christ est ressuscité, oui il est vraiment ressuscité! » et nous avec. Amen.

Valérie Perrot